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MOISSON 2016 : TOUS SUR LA PAILLE D'UNE AGRICULTURE QUI A ATTEINT SUR LES LIMITES. Une contribution pertinente de Pierre MABIRE, reporter photographe indépendant.

MOISSON 2016 : TOUS SUR LA PAILLE D'UNE AGRICULTURE QUI A ATTEINT SUR LES LIMITES. Une contribution pertinente de Pierre MABIRE, reporter photographe indépendant.

Qui n’a pas, un jour, prononcé cette fameuse phrase : « Quand la nature reprend ses droits … ». Dans les plaines de France, la moisson s’achève sur un tempo qui s’est imposé au monde agricole.

En cette année 2016, les ingénieurs agronomes, les semenciers, les agro industriels, les conseillers des chambres d’agriculture et les agriculteurs eux-mêmes n’ont rien pu faire contre les aléas d’une météorologie qui a imposé de la pluie lors qu’il fallait du temps sec, un temps gris de novembre en plein mois de juin où le soleil darde ordinairement de ses rayons, un température basse alors que le monde entier dissertait sur le réchauffement climatique.

Rien du programme établi pour que le blé et toutes les céréales produisent en abondance de beaux grains dorés riches en farine n’a été respecté. « Les poules n’en voudront même pas », ironisent amèrement des exploitants qui n’ont récolté qu’une trentaine de quintaux à l’hectare d'un blé aux grains vides, là où les années précédentes le rendement était à plus du double.

Cause invoquée par le monde agricole : cette fichue météo d’une année vraiment pourrie…

Mais cela n’est que partiellement exact. Il y a cette autre vérité : celle d’une agriculture qui a atteint ses propres limites…

Voici une version que les professionnels veulent taire. A force d’exploitation intense des sols, la terre a perdu toutes ses substances nutritives naturelles. Elle n’est plus que le support de fertilisants et de composants « exogènes » à la fois pour nourrir et soigner les plantes contre les maladies. C’est, à chaque printemps, le ballet incessant des pulvérisateurs dans les champs de grandes cultures…

Il aura suffi d’une année très pluvieuse pour que les terres soient lavées, rincées et débarrassées de tous ces « intrants ». Les racines de blé, contraintes de puiser dans le sol une nourriture qui n’existe qu’en quantité résiduelle, n’ont trouvé qu’un maigre repas.

Tous les produits fertilisant et sanitaires s’étaient perdus profondément dans le sous-sol où, bientôt, ils rejoindront la nappe phréatique et l’eau que nous buvons. Bonjour les nitrates !

Les prix du blé, fixés par le marché mondial de l’offre et de la demande, ne compenseront pas les pertes. La comptabilité de 30% environ des exploitants sera dans le rouge en fin de moisson. Il n’y a pas dans ce lot que les céréaliers de Brie, Beauce, Picardie, Nord…, mais un maillage important d’exploitations de petite ou de moyenne taille auxquels leur banque ne fera aucun cadeau.

Une contribution de Pierre MABIRE, reporter photographe indépendant.

 

 

 

Publié le 02/09/2016

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